Nimzatt en République islamique de Mauritanie, lieu de prières aux pieds de Cheikhna Cheikh Saad Bouh (1848-1917), été le point de convergence de plusieurs milliers de Khadres du Sénégal et de la sous-région. Les fidèles viennent consolider leur foi et leur appartenance à la Fadiliya. Ils glorifient Dieu et rendent hommage au Meilleur de tous, le Prophète Mouhamad (Psl). Salihina, là où repose le caveau des Saints, les pèlerins viennent, dans la prière et la méditation, confier leurs soucis existentialistes à Dieu, l’absolu et l’étérnel.

 

Le pèlerinage annuel de Nimzatt est donc ce grand événement religieux pour lequel des milliers de fidèles viennent, pendant plusieurs jours, exalter Dieu. Et durant ces moments, une localité si calme va s’animer mieux qu’une fourmilière éclatée. Une image portant tout son sens, tant le déferlement des fidèles est frappant. 

De partout, ils viennent se recueillir au mausolée de Cheikhna Cheikh Saad Bouh qui, avant sa disparition, pria son Seigneur pour que son tombeau soit, à l’image de la Kaaba, un lieu de rémission des péchés et d’exaucement des vœux. Cette prière est, sans conteste, accordé car le temps du pèlerinage, Nimzatt charrie des grâces dont profitent les milliers de fidèles venus raviver leur foi, mais aussi les innombrables prestataires de services (transporteurs, restaurateurs et vendeurs), vrais acteurs d’une foire aux affaires. 

C’est d’abord la densité de la circulation sur les principaux axes menant à Nimzatt que l’on remarque. En plus des véhicules particuliers, les transports en commun et même les poids lourds prennent la direction de cette cité sainte. Sous la force de la ruée du mardi 20 juin, mais surtout le vendredi 23 juin, la grande masse est déjà venue. Toutes les maisons remplies des hôtes du pèlerinage. Les vérandas, les cours et même les rues sont squattées. Çà et là, des matelas mousse sont étalés à même le sol, à côté des nattes fabriquées à partir de matériaux locaux. 

Un peu partout, de grandes marmites, juchées sur de gros cailloux, sont léchées par les flammes de feux alimentés par du bois de chauffe. Tout cela, pour faire manger les pèlerins. Partout la fumée s’élève, pique les yeux, vicie la respiration. 

Donc, c’est l’affluence des grands jours à Nimzatt où des milliers de fidèles, en provenance de toutes les parties du Sénégal, des pays voisins, de la France, de l’Espagne, d’Italie et des Etats-Unis, se retrouvent pour satisfaire à une volonté de Cheikhna Cheikh Saad Bouh qui, de son vivant, a toujours cherché à retremper ses disciples dans la foi. 

De cette foi qui est espoir pour les pèlerins venus confier leurs attentes et angoisses à ces proches de Dieu que sont Cheikhna Cheikh Saad Bouh et ses descendants. Le pèlerinage de cette année est exceptionnel puisqu’il a marqué le centenaire de la disparition de Cheikhna Cheikh Saad Bouh qui pria dans un khassida « yaz dadou fii kouli sanah » prit que ses bienfaits augmentent chaque années d’où la forte attente des pèlerins cette année.

 

Cette cité religieuse « devient la base à partir de laquelle il construisit un réseau confrérique qui rayonna de l’Adrar (Mauritanie) à la sous-région, en passant par Saint-Louis, enveloppant toute la vallée du fleuve Sénégal, le bassin arachidier en pleine expansion. « Nimzatt, le foyer religieux d’où il est rappelé à Dieu en 1917, est donc « un lieu de pèlerinage qui réunit chaque année ses disciples de la Mauritanie et du Sénégal qui perpétuent un des apports majeurs de la Fadiliya à l’expression des cultures populaires islamiques dans l’espace urbain colonial : le chant religieux

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