Cheikh Mohamed Fadel « Maître des Maîtres »

Cheikh Mouhamed Mohamed Vadel Ould Mohamed Lemine (dit Mamine) Ould Taleb Khyar, est né en 1214 aux environs de la ville de Nema au Hodh Echargui, et décédé un vendredi de 1286 à l’âge de 74ans 4mois 2 jours. Il est enterré dans la localité de Dar Salam, non loin du village d’El Medroum au Hodh Chargui.

Parmi ses héritiers, le douzième Cheikh Mal Hainine, adversaire des Français et prétendant au trône du Maroc et Cheikh Saadbou ont largement contribué à la propagation de sa voie. En plus de son charisme héréditaire et de son capital culturel mystique, Cheikh Mohamed Fadel a mis en place une stratégie qui a permis de s’imposer comme une figure religieuse incontournable.

Grand « Wali », Perle éclatante et « Maître des Maîtres », Cheikh Mohamed Fadel Ould Mamine nous a légué un héritage spirituel qui est à la fois une source intarissable et une référence pour corriger les errements des musulmans.

Pour mesurer la dimension exceptionnelle de cet homme de Dieu, il suffit de retenir que l’étape finale dans la perfection divine de Cheikh Abdel Khadr Jelani fut le point de départ de Cheikh Mohamed Fadel. De la Tariqa khadre à laquelle il s’initia très tôt, il en a obtenu aussi les grades les plus élevés.

Les témoignages des Oulémas et des Saints à son endroit attestent de la grandeur de cette figure illustre de l’Islam. Si tout « Wali » est tenu de parcourir les Sept Etapes par lesquelles l’âme est tour à tour « l’ordinatrice du mal, la blâmeuse, l’inspiratrice, l’apaisée, l’agréante, la parfaite et l’agrée, le fils de Mamine n’a eu à traverser aucune de celles-ci et son fils le vénéré Cheikh Saadbouh Abihi explique cela par le fait que l’étape finale d’Abraham est le point de départ de l’Envoyé de Dieu Mouhamed (PSL). Il en est de même du maître Abd Al Qadir al Jilani dont l’étape finale constitue le point de départ de Cheikh Mouhamed Fadel dans la quête de la perfection.

Les faveurs à lui accordées par Dieu, de même que sa Wilaya (sainteté) convainquent les plus sceptiques. Ces derniers dont Sidi Mouhamed Ben Ahmad Laswad et un autre du nom d’Al Muhtar ont juré par Dieu que quiconque avait vu son visage ne connaîtrait pas l’infortune. Une wilaya (sainteté) qui apparut très tôt car antérieure à sa naissance parce qu’il a parlé étant encore dans le ventre de sa mère Khadiatou ainsi que d’autres walis l’avaient fait. Le charisme et la sainteté de notre maître se sont illustrés donc dès sa naissance et les « Amis de Dieu » (Awliya al lah) sont les mieux placés pour le reconnaître et pour recueillir son flux béni car il fut un « wali » dès le berceau et un descendant du prophète (chérif) par ses origines.

L’on raconte que lorsque son père le cheikh Mamine se rendait au Hedjaz et à Fez en quête de science et à chaque fois qu’il arrivait à un endroit où on l’admirait, on disait : « Mais cet homme vient chercher la science alors que tout ce que le Hedjaz et la Syrie comptent de science est dans son cœur.

De son vivant, les hommes pieux rivalisaient d’ardeur pour lui faire serment d’allégeance et témoigner de sa « wilaya » afin de bénéficier de ses prières bénies. Au rang de ses nombreux disciples, on compte, fait rarissime, ses propres enfants garçons et filles qui lui ont fait serment d’allégeance. Il nomma maîtres certains de ses fils dont Cheikhna Cheikh Sidibouya auquel il annonça qu’il serait son calife.

De Cheikhna Cheikh Al Hadramé, il a dit qu’il est son successeur spirituel, Cheikhna Cheikh Saadbouh Abihi il initia lui même à la Méthode soufi (Tarikha Soufiya) Cheikhna alors que Cheikh Ma al Ainine il l’initia aux sciences exotériques (Zahir) et profanes. Cheikhna Cheikh Sidi Al Mustafa est dira-t-il celui grâce à qui Dieu l’a rendu célèbre. Enfin à Cheikhna Cheikh Abass, il a donné le secret attaché au nom Sublime de Dieu (al Ism Al Azam).

Nombreux sont par ailleurs les actes prodigieux et autres anecdotes qui peuplent l’univers des khadrs. L’on dit ainsi que le père de Cheikhna ayant perdu un jour son chapelet de prière qu’une femme avait ramassé, Cheikh Mohamed Fadel grâce à un pouvoir de « dévoilement » (kashf) que Dieu lui a accordé put retrouver le chapelet au sein d’une caravane de 5000 personnes, hommes et femmes.

Le maître cheikh Tourad oul Abass, raconte un des prodiges du grand cheikh Mouhamed Fadel en disant que lorsqu’il revenait de chez son oncle le maître Saad Abihi, il s’arrêta dans un endroit appelé « Agwnit » ou un groupe de gens parmi ses cousins lui proposa d’aller en visite à Dar Assalam. Il leur répondit en ces termes : « L’on ne prépare sa monture que pour aller vers trois directions : ma mosquée que voici, la Kaaba et la mosquée d’Al Aqsa ». Lorsque le maître Tourad fut pris par le sommeil, il vit en songe le Prophète Mouhamed (PSL) assis à ses côtés, Cheikhna Cheikh Mouhamed Fadel qui lui dit : Cheikh Tourad voici l’Envoyé de Dieu (PSL).

Peux-tu aller à lui ? Cheikh Turad alors dit  » je demeurais perplexe tandis que le prophète souriait ». Au lendemain, il réunit ses cousins et leur raconta son rêve. Il leur proposa ensuite d’aller à Dar assalam pour visiter le mausolée de leur père Cheikhna Cheikh Mouhamed Fadel. Lorsqu’ils aperçurent le mausolée, il s’écria : « Le bonheur m’emplit le cœur. Voilà Dar as Salam qui m’apparaît au loin. Le feu des maux qui m’étreignaient s’est dissipé…. Là gît le Wali qui résout tous nos problèmes et par la grâce de qui nos vœux sont exaucés »

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